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Réglementation

19 - 09 - 2021

Vote au Parlement Européen : vers une fin programmée de la recherche animale ?

 

Le mercredi 15 septembre 2021, les députés européens ont massivement voté en faveur d'un plan d'action de l'Union Européenne visant à mettre fin à l'utilisation des animaux à des fins scientifiques. Le Parlement a appelé à fixer des objectifs ambitieux pour éliminer progressivement le recours à l'utilisation des animaux dans le domaine de la recherche, dans des délais raisonnables. Il ne précise pas quels sont ces délais.

 

Ce vote a suscité des réactions, notamment chez EARA (European Animal Research Association - Association Européenne de Recherche Animale), LERU (League of European Research Universities - Ligue européenne des universités de recherche) et EFPIA (European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations - Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques), organisations auprès desquelles le GIRCOR ou ses adhérents agissent et font entendre leur voix.

 

Pour EARA, il convient de rester prudent et l’association est préoccupée par les résultats d’un tel vote. Pour Kirk Leech, Directeur exécutif d’EARA, « Sans la recherche animale, nous n'aurions pas été en mesure de développer et de déployer, à une vitesse historiquement sans précédent, des vaccins efficaces qui ont stoppé la progression de la pandémie de Covid-19. Le développement de nouveaux médicaments et techniques chirurgicales sera également gravement entravé sans la poursuite de la recherche impliquant l'animal, certaines branches de la recherche médicale s'arrêtant complètement. »

EARA « félicite le Parlement d'avoir rejeté les appels politiques à fixer des dates butoirs artificielles ayant pour objectif de mettre fin à la recherche animale ».

 

Du coté de LERU, il semblerait que « ce vote représente beaucoup de bruit pour rien » puisque la motion ne fait que reprendre les objectifs de la directive 2010/63/UE. LERU admet que la communauté scientifique doit s’efforcer d’atteindre cet objectif dès qu'il sera scientifiquement réalisable, comme cela est déjà stipulé dans la directive 2010/63/UE. Cependant, la fixation de dates/délai spécifiques pour le remplacement pourrait accroître de manière déraisonnable les attentes du public, nécessitant des explications supplémentaires. Il existe encore de nombreux domaines où le remplacement des animaux n'est pas simple et ne peut pas être appliqué.

 

Par ailleurs, dans un article de Science Business, il est indiqué qu’en juillet, la commissaire européenne aux transports Adina Vălean avait déclaré aux députés que la Commission ne cherchait pas actuellement à fixer des objectifs contraignants ou une stratégie d'élimination progressive, soulignant que la directive de 2010 prévoyait déjà le remplacement complet de l'utilisation des animaux dans la science. 

 

Dans ce même article, il est rapporté que EFPIA craint que la fixation d'objectifs pour l'élimination progressive n'entrave les développements scientifiques, car des fonds rares sont détournés vers l’objectif. « Cela pourrait avoir des conséquences terribles pour les nouveaux médicaments et traitements pour les besoins médicaux non satisfaits, les vaccins, les maladies cardiaques, le cancer et d'autres maladies potentiellement mortelles », a déclaré l'EFPIA. « Au-delà du développement de médicaments, les interdictions nuiraient considérablement à la base scientifique de l'UE, à l'accès au financement de la recherche dans l'UE et, en fin de compte, à la compétitivité de l'UE dans la communauté scientifique mondiale. »

 

 

Le GIRCOR, comme EARA, LERU et EFPIA, se positionne en faveur du remplacement des animaux dans les situations pour lesquelles une technologie s'avère aussi pertinente et fiable que le recours à l'expérimentation animale. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire d’encourager l'innovation, sans pour autant compromettre la santé, l'environnement ou le progrès scientifique. Cette notion fait déjà partie de la directive 2010/63/UE, comme le GIRCOR l’avait rappelé, en septembre 2020, en réponse au référendum d’initiative partagée pour les animaux (RIP).

 

C’est dans cet esprit que le GIRCOR a participé activement à la création en France du FC3R (Centre Français pour la promotion des 3R) dont les missions sont entre autres de promouvoir et de soutenir le développement de méthodes de remplacement fiables permettant de s’affranchir à chaque fois que cela est possible du recours à l’utilisation d’animaux.

 

 

Références