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Avancées scientifiques, Recherche animale, Santé

26 - 07 - 2016

Prickle1 : une nouvelle piste contre les cancers du sein agressifs

Des chercheurs français ont découvert chez la souris un mécanisme impliqué dans l’agressivité des cancers du sein. Ils tentent de mettre au point des médicaments capables de bloquer ce mécanisme et soigner les patientes.

   Le cancer du sein touche environ 53 000 nouvelles personnes chaque année en France parmi lesquelles 15 % souffrent d’une forme très invasive, dite « triple négatif ». Chez ces patientes, les cellules tumorales migrent rapidement pour former des métastases, c’est-à-dire des croissances tumorales distinctes du site initialement atteint par le cancer. Or, selon une équipe de chercheurs (Inserm/Institut Paoli-Calmettes/Aix-Marseille Université/CNRS), cette forte capacité à former des métastases serait liée à l’activité d’une protéine, nommée Prickle1. Une grande découverte ! L’équipe explore maintenant les pistes thérapeutiques qui pourraient bloquer ce mécanisme et empêcher la formation de métastases. Comment les scientifiques ont-ils découvert l’implication de cette protéine ?Les chercheurs ont d’abord comparé in vitro l’expression protéique de cellules humaines tumorales ou saines. Ils ont observé que les premières exprimaient trois fois plus la protéine Prickle1 que les autres. Ils ont aussi découvert que cette protéine se liait à deux autres, Mink1 et Rictor, pour activer une enzyme, l’AKT, connue pour favoriser la croissance et la dissémination des cellules tumorales.Ils ont alors supprimé l’expression du gène codant pour Prickle1 ou empêché l’interaction de cette dernière avec les deux autres protéines et ont observé une baisse de 60 à 90% de la capacité des cellules tumorales à migrer. Qu'a-t-on découvert chez la souris ?Encouragés par ces résultats, les chercheurs ont greffé chez des souris des cellules tumorales humaines triples négatives chez lesquelles l’expression de Prickle1 ou Mink1 avait été inhibée. Ils ont constaté que ces souris présentaient une tumeur 50 % à 90 % plus petite que celles ayant reçu des cellules tumorales non modifiées. Jean-Paul Borg, le chef de l’étude au Centre de recherche en cancérologie de Marseille, précise : « Les métastases observées dans les poumons et le foie étaient nettement moins nombreuses, certaines souris n’en ayant même développé aucune ! »L’équipe a alors greffé chez d’autres souris des cellules tumorales triples négatives, privées de l’interaction Prickle1-Rictor. Bilan des courses : seules 3 souris sur 8 ont développé des métastases dans les poumons, contre 7 sur 7 chez les souris témoins. Des pistes thérapeutiquesGrâce à ces résultats, les scientifiques peuvent aujourd’hui envisager trois nouvelles pistes pour traiter le cancer du sein triple négatif : l’inhibition d’AKT, l’inhibition de Mink1 ou le blocage de l'interaction Prickle1-Rictor. Des projets prometteurs à valider chez l’homme. Marie-Anaïs Lien