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Avancées scientifiques, Bien-être animal, Ethique, Recherche animale, Santé

02 - 10 - 2014

Pourquoi fait-on de la recherche sur les animaux ?

Aujourd’hui, un vif débat se déroule autour de l’expérimentation animale. Pourtant, progrès médical et bien-être animal ne sont pas incompatibles.

 

Une souris de laboratoire s'oriente dans un labyrinthe. Test comportemental.
Comprendre la recherche animale en 3 exemples La science a recours à des animaux comme les souris, les rats, les poissons, les chiens et les singes afin de découvrir des mécanismes biologiques visibles uniquement chez un organisme entier.Que serait la recherche sans les animaux ? Trois exemples illustrent le rôle de la recherche animale sur notre santé :Le traitement du diabète par l’insuline. Plus de 90 ans après sa découverte, l’insuline reste indispensable pour la plupart des diabétiques. Le rôle de cette hormone qui permet de capturer le sucre dans le sang a pu être dévoilé grâce à des expériences chez des chiens dépourvus de pancréas.Les médicaments contre le Virus d’Immunodéficience Humaine (VIH). Les traitements contre le VIH qui diminuent la prolifération du virus dans le corps ont été mis au point chez l’animal avant de passer à l’homme. Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine en 2008 nous explique les enjeux de la recherche sur le Sida dans cette vidéo. Le ZMapp, un traitement expérimental contre le virus Ebola. Ce sérum, créé en laboratoire chez le singe, a été testé pour la première fois chez l’humain avec des résultats encourageants. Peut-on s’en passer ? Pas vraiment. En tout cas, pas dans l’état actuel de nos connaissances. « On ne peut pas remplacer la recherche sur l’animal par des méthodes alternatives dans toutes les circonstances, parce que les éléments à reproduire sont trop complexes. Les modèles animaux évoluent au cours du temps et, surtout, ils permettent d’apporter des réponses que l’on n’est pas capables d’anticiper dans des modèles simplifiés » précise François Lachapelle, président du Gircor, dans une récente publication de CNRS Le Journal.Cependant, des méthodes alternatives existent, notamment les cultures cellulaires (in vitro) et les modèles informatiques (in silico). D’ailleurs, 70 % des recherches en biologie se font in vitro. Mais elles n’arrivent pas à reproduire la complexité d’un organisme vivant. L’éthique au service de la science Quel est le lien entre ces deux disciplines ? Gérard Toulouse, directeur de recherche à l’Ecole Normale Supérieure, nous éclaire à ce sujet : « Entre éthique et science, il y a des parentés de démarche. La science, c'est se donner les moyens d'approcher la vérité. L'éthique, c'est se donner les moyens d'approcher l'agir juste ».L’éthique, cette « science des mœurs », contribue à travers le principe des 3R à Réduire, Raffiner et Remplacer l’utilisation des animaux de laboratoire. De plus, les comités d’éthique visent à l’amélioration des conditions de vie des animaux.Comme nous le rappelle Ivan Balansard, vétérinaire et chercheur, dans une déclaration à CNRS Le Journal « […] non, les scientifiques ne font pas n’importe quoi avec les animaux ; oui, nos recherches sont fortement réglementées. ». Ainsi, avec la réglementation actuelle il n’est pas possible d’obtenir une autorisation pour un projet de recherche animale sans le feu vert des comités d’éthique. Pour en savoir plus sur la réglementation qui encadre toute expérimentation animale cliquez ici.