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Recherche animale, Santé

14 - 12 - 2018

OGM : 15 millions d’euros et des milliers de rats pour en finir avec une Infox

Thierry Huet, journaliste scientifique, publie un article sur les résultats d’études qui montrent que le maïs NK603 génétiquement modifié pour résister à l’herbicide glyphosate, donné en nourriture à des rats pendant 3, 6 ou 24 mois ne produit ni cancer ni effet néfaste détectable.

 

Thierry Huet rappelle qu’en septembre 2012, le Nouvel Obs publiait sous la couverture « Oui, les OGM sont des poisons ! », les résultats d’une étude française de deux ans chez le rat qui concluait au contraire à un effet cancérigène du maïs NK603.

  

Or, les analyses produites par les autorités scientifiques et sanitaires en 2013 ont toutes conclu à des défauts de l'étude et à l’impossibilité d’en tirer des conclusions. C’est d'ailleurs pour ce même motif que l’article a finalement été retiré.

 

Mais la diffusion médiatique exceptionnelle de cette étude encouragée par son auteur militant anti-OGM Gilles-Eric Séralini, a inquiété la France au point que le ministre de l’agriculture a demandé une révision des procédures européennes d’évaluation et d’approbation des OGM.

 

De plus l’Union européenne et la France ont jugé utile de dépenser 15 millions d’euros et d'utiliser des milliers de rats pour réaliser un ensemble d’études, bien conçues cette fois, sur ce maïs transgénique. Les résultats sont publiés ou en cours de publication et ont été communiqués. Les études concluent toutes, et sans surprise pour le monde scientifique, à l’absence d’effet du maïs OGM NK603 administré dans l’alimentation pendant 3, 6 ou 24 mois sur la santé des rats.

 

Dans sa conclusion, Thierry Huet rappelle qu’il est indispensable que l’information scientifique soit examinée et analysée avec un esprit scientifique, ouvert, critique, à l’abri des biais cognitifs et des a priori militants. C’est la seule façon de permettre à la science de participer comme elle le doit au progrès de nos sociétés. Les études sur modèles animaux n’échappent pas à cette recommandation : elles doivent être considérées pour la qualité de l’information qu’elles apportent, ni plus, ni moins.

 

Liens :

https://www.lemonde.fr/blog/huet/2018/12/11/ogm-poisons-la-vraie-fin-de-laffaire-seralini/

https://academic.oup.com/toxsci/advance-article/doi/10.1093/toxsci/kfy298/5236972

http://m0.libe.com/blogs/sciences.blogs.liberation.fr/2012/10/22/avis-anses.pdf