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Avancées scientifiques, Santé

02 - 03 - 2018

L’immunité contre un agent pathogène peut favoriser la prolifération de formes plus virulentes de cet agent

On sait qu’une vaccination qui ne protège que partiellement peut parfois sélectionner des formes plus virulentes de l’agent pathogène. Des chercheurs qui ont constaté que les épidémies de mycoplasmose sont de plus en plus sévères chez les oiseaux, ont cherché à savoir si ce mécanisme existait dans la nature, sans intervention de vaccins.

 

Ils ont pour cela étudié le roselin familier, Haemorhous mexicanus, un passereau victime aux Etats-Unis d’une épidémie de mycoplasmose de plus en plus grave due à la bactérie Mycoplasma gallisepticum. Cette maladie provoque des conjonctivites, la cécité et des troubles respiratoires qui peuvent entrainer la mort.

 

Les chercheurs ont réalisé des infections expérimentales par des souches plus ou moins virulentes de la bactérie et observé la réaction immune et la sensibilité à des réinfections. Ils ont ainsi découvert que les souches moins virulentes provoquaient une immunité qui protégeait des souches peu virulentes, mais pas des souches très virulentes.  

 

 

 

 

 

Ensuite ils ont utilisé ces résultats dans un modèle de diffusion de la bactérie et ils ont constaté que cet avantage sélectif favorisait la prolifération des souches très virulentes et donc la gravité de la maladie et de l'épidémie.

 

Dans la nature le système immunitaire qui protège des germes pathogènes peut donc dans certains cas favoriser la diffusion de formes plus virulentes des mêmes germes. Cette découverte est un élément à ajouter à l’étude du risque épidémique pour les animaux et les humains.