Newsletter

Vous êtes ici

Avancées scientifiques, Recherche fondamentale, Santé

28 - 06 - 2018

Les gènes qui ont fait apparaître le chien

Des chercheurs ont identifié un ensemble de gènes liés à la domestication du chien. Cette découverte fait progresser la connaissance de l’embryogénèse de l’ensemble des vertébrés.

________________________________________

 

Le chien a été domestiqué à partir du loup gris il y a dix à quarante-mille ans en Eurasie. Aujourd’hui cette espèce existe sous des morphologies (phénotypes) très variées tout en conservant les traits communs propres à la domestication : docilité, face et mâchoire réduites, oreilles tombantes.

 

Des chercheurs ont étudié les gènes influencés par la domestication. Pour cela ils ont réalisé une analyse génomique de quarante-trois chiens de villages, de chiens enterrés il y a environ 5000 ans et de dix loups, en prenant le soin de séparer les modifications liées à la domestication de celles liées à l’élevage de races.

 

 

 

 

Quatre-cent-vingt-neuf gènes ont été identifiés comme candidats à la domestication dont beaucoup sont liés à la crête neurale* ce qui indique que les gènes de la domestication agissent pendant l’embryogénèse. Parmi ceux-ci, le gène RAI1 semble le plus influent.

 

Au-delà de l’intérêt scientifique sur la domestication du chien, cette étude est intéressante en santé humaine. En effet, la domestication du chien s’est accompagnée du déplacement de sa période d’activité de la nuit vers le jour. Or il existe une maladie humaine, le syndrome Smith-Magenis qui associe agressivité, altération du rythme circadien, déformations crânio-faciales et déficits intellectuels. Or le gène RAI1 est associé à cette maladie.

 

Les découvertes réalisées chez le chien sont une voie pour comprendre le fonctionnement de la crête neurale et l’embryogénèse de tous les vertébrés, y compris l’humain.

 

* la crête neurale est un groupe de cellules souches embryonnaires qui migrent pendant le développement et sont à l’origine des os, des cartilages, de cellules endocrines, des cellules gliales et des neurones périphériques.

 

https://bmcbiol.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12915-018-0535-2

https://labblog.uofmhealth.org/lab-report/what-makes-dogs-mans-best-friend