Newsletter

Vous êtes ici

Avancées scientifiques, Recherche animale, Santé

08 - 07 - 2016

La leucémie aiguë myéloïde vole pour résister !

La leucémie aiguë myéloïde (LAM), un cancer, résiste au traitement de la chimiothérapie. Des scientifiques du Centre méditerranéen de médecine moléculaire de Nice ont alors cherché à comprendre pourquoi et ils soupçonnent un vol…

   > Cliquer ici pour visionner la vidéo.  La leucémie aiguë myéloïde est un cancer de la moelle osseuse. Elle se caractérise par un développement anormal des précurseurs des globules blancs, dont la fonction principale est de défendre l’organisme contre les pathologies. Les individus sujets à cette maladie doivent suivre une chimiothérapie. Mais, alors que 80 % des cas répondent positivement à ce traitement, deux tiers d’entre eux rechutent en raison de cellules cancéreuses résistantes. Une question se pose alors : pourquoi ? Selon des chercheurs du Centre méditerranéen de médecine moléculaire de Nice, les cellules de LAM seraient en fait capables de voler les mitochondries (les organites produisant l’énergie nécessaire au fonctionnement cellulaire) des cellules souches* mésenchymateuses (de la moelle osseuse) et, ainsi, d’être plus énergiques pour résister. Jean-François Peyron et son équipe ont en effet démontré qu’une fraction de cellules cancéreuses de LAM résistait quand ils exposaient ces dernières et des cellules souches mésenchymateuses, cultivées ensemble, à un agent de chimiothérapie, la cytarabine. Ils ont même établi l’existence d’un contact direct (d'un transfert) entre les cellules grâce à des techniques moléculaires et d’imagerie. Emmanuel Griessinger, le responsable des travaux, explique : « Les cellules malades agressées semblent envoyer un signal de détresse aux cellules saines de leur environnement qui, en retour, leur cèdent des mitochondries nécessaires à leur survie. » Un signal de détresse, grâce auquel les cellules de LAM augmentent leur masse mitochondriale de 14 % et multiplie leur énergie par 1,5. Autant dire, « un avantage métabolique important » d’après le chercheur, vite confirmé par des observations in vivo chez la souris. Des questions demeurent cependant : quel est ce signal ? Comment est-il induit ? Existe-t-il également dans d’autres cancers ? Y répondre permettrait aux chercheurs de mieux comprendre le mécanisme et de l’inhiber, afin « d’affaiblir les cellules tumorales résistantes ». Ce serait un pas vers une chimiothérapie plus efficace.  Marie-Anaïs Lien  * Cellules souches : cellules qui peuvent se transformer en différents types cellulaires, aux fonctions bien distinctes.