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Avancées scientifiques, Recherche animale, Santé

12 - 07 - 2016

La grenade : une fontaine de jouvence ?

Des chercheurs de l’EPFL* et de la société Amazentis** ont découvert une molécule anti-vieillissement étonnante : l’urolithine A ! Ils expliquent son rôle et mettent en avant une nouvelle voie de recherche contre la dégénérescence musculaire.

 

 

 

 

Le Pr Johan Auwerx*** de l'EPFL déclare : « L’approche nutritionnelle ouvre l’accès à de nouveaux territoires que la pharma classique n’a jamais explorés. » Et il pourrait avoir raison. Des chercheurs de l’EPFL et de la société Amazentis ont montré chez des vers nématodes et des rongeurs, comment une molécule présente dans un fruit, la grenade, puis transformée par les bactéries intestinales, protège les cellules musculaires contre une cause majeure du vieillissement.

  

A l’origine du vieillissement

Quand une personne vieillit, ses cellules peinent à recycler les mitochondries, ces organites intracellulaires qui produisent l'énergie dont chaque cellule a besoin. Les cellules assurent alors moins bien leur fonction et les tissus s'affaiblissent, en particulier les muscles.

 

Une molécule, l'urolithine A (UA), permet de rétablir le processus de recyclage et de retarder le vieillissement des tissus. Les chercheurs ont donc étudié l'effet de cette UA sur trois espèces : le ver Caenorhabditis elegans, connu pour sa durée de vie très courte (20 jours environ), le rat et la souris, ces deux dernières étant plus proches de l’homme. Résultats: le nombre de mitochondries chez ces trois espèces a diminué en présence de la molécule, signe d’un recyclage efficace, la durée de vie des vers a été prolongée de 45 % et l’endurance à la course des souris seniors a augmenté de 42 %.

 

Comment la grenade intervient-elle ?

La grenade ne contient pas l'UA, mais un précurseur qui est transformé en UA par la flore intestinale, le microbiote. Or, toutes les flores intestinales ne sont pas capables de cette transformation. Il faut donc mettre au point une formulation pour administrer des doses calibrées d'UA. C'est l'objectif des premiers essais cliniques en cours dans des hopitaux européens, menés par la start-up Amazentis.

 

Les résultats de ces essais pourraient bien amener à une nouvelle solution contre la dégénérescence musculaire.

 

 

Marie-Anaïs Lien

 

 

* EPFL : Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse).

** Amazentis : société qui recherche, développe, fabrique et commercialise des produits dans le domaine des sciences de la vie.

*** Johan Auwerx : professeur à l’EPFL, spécialisé dans le métabolisme énergétique.