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Santé

30 - 01 - 2017

Grippe humaine, grippes animales : quels liens ?

Alors que l’épidémie de grippe saisonnière fait rage dans l’hexagone, des élevages de volailles du Sud-Ouest sont confrontés à la grippe aviaire. Y a-t-il un lien entre grippes humaine et animales ? Qu’est-ce qui les différencie ? Doit-on craindre une transmission de l’animal à l’homme ? Eléments de réponses.


 

Mercredi 18 janvier, le réseau de surveillance Sentinelles-Inserm(1) annonçait que plus d’un million de Français avaient consulté un médecin pour des symptômes grippaux depuis le début de l’épidémie de grippe saisonnière, il y a cinq semaines. Dans le même temps, un virus de la grippe aviaire a été repéré chez des oiseaux sauvages et des volailles d’élevage, notamment dans le Sud-Ouest de la France. Par principe de précaution, des “abattages préventifs” ont été organisés dans 337 communes(2). Un cas de grippe aviaire peu pathogène a en outre été recensé dans le Val d’Oise, en Ile-de-France(3). L’organisation mondiale de la Santé (OMS) a demandé à ses Etats membres de surveiller l’évolution de la grippe aviaire et de signaler tous les cas de forme humaine de la maladie(4). On vous donne quelques clés pour mieux comprendre les différentes grippes et leurs liens potentiels.

 

 

La grippe, qu’est-ce que c’est ?

 

La grippe est une maladie infectieuse due à différents virus de la famille des Orthomyxoviridae qui s’attaquent surtout aux voies respiratoires supérieures (nez, gorge, bronches) et plus rarement aux poumons. Les virus qui causent les épidémies de grippe saisonnière chez l’homme appartiennent aux groupes A et B de cette famille de virus. Ils composent les vaccins. Les virus du groupe A sont répartis en sous-types en fonction des protéines présentes à leur surface : hémagglutinine (H1 à H15) et neuraminidase (N1 à N9).

La grippe existe aussi chez l’animal, notamment chez les volailles, les porcs et les chevaux. Elle peut affecter d’autres espèces animales, notamment des mammifères, mais est généralement asymptomatique.

 

 

La grippe chez les oiseaux

 

La grippe aviaire est provoquée par des virus grippaux de type A, notamment les sous-types H5, H7 et H9. Les oiseaux sont considérés comme les hôtes ou les réservoirs de ces virus, c’est-à-dire qu’ils hébergent ces virus de façon quasi permanente. Généralement asymptomatique chez les oiseaux sauvages, la grippe aviaire peut occasionner des symptômes graves voire la mort chez les oiseaux d’élevage si le virus est hautement pathogène. Il se propage au sein de l’appareil digestif (et se retrouve alors dans les fientes) et dans l’appareil respiratoire. Dans les cas les plus graves, le virus envahit de nombreux autres organes et tissus, et peut provoquer des hémorragies internes importantes, entraînant un taux de mortalité très élevé. D’où les abattages massifs à titre préventif dans les élevages.

Comme différents sous-types de virus peuvent circuler dans différentes espèces d’oiseaux et entrer en contact, il arrive qu’une évolution génétique du virus survienne. C’est ce qu’on appelle un réassortiment. Cela s’est notamment produit en Chine en mars 2013 : la mise en contact du virus H7N3 du canard avec le H7N9 d’un oiseau sauvage et le H9N2 de poule domestique a entraîné la formation d’un nouvel H7N9 qui a fait craindre une pandémie.

 

  

Le porc, à la merci de la grippe aviaire et humaine

 

Les porcs sont principalement affectés par les virus A de sous-type H1N1 et H3N2. Cependant, le porc est une espèce particulièrement vulnérable car il peut aussi bien être affecté par des virus de la grippe aviaire que de la grippe humaine. De plus des virus recombinants sont parfois créés lorsque des porcs sont en présence de virus aviaires et humains.

 

 

La transmission à l’homme : rare mais pas impossible

 

Globalement, les autorités et la communauté scientifique s’accordent à dire que la transmission de la grippe aviaire ou porcine de l’animal à l’homme demeure rare et survient surtout lorsqu’il y a contact direct important avec des animaux atteints (vivants ou morts) ou avec leurs déjections. Les éleveurs et vendeurs de porcs ou de volailles sont donc les principaux touchés. A l’heure actuelle, il n’existe aucune donnée faisant état d’une transmission interhumaine efficace de ces virus, sauf en cas de contact très rapproché et prolongé avec un malade.

En revanche, les recombinaisons de virus de la grippe sont redoutées par les autorités sanitaires, car elles pourraient aboutir à la création d’un virus grippal contagieux d’homme à homme. Ce fût le cas notamment lors de l’épisode de grippe dite espagnole en 1918. Due à une souche très virulente du virus A H1N1, cette épidémie avait entraîné la mort d’au moins de 20 millions de personnes dans le monde. Pour éviter que ceci ne se reproduise, la lutte contre la grippe chez l’animal est primordiale. Une surveillance permanente des populations humaines et animales est essentielle pour mieux connaître les virus, mesurer le risque d’épidémie et agir en conséquence.

 

 

Hélène Bour

 

Sources :

(1) https://websenti.u707.jussieu.fr/sentiweb/

(2)http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/01/26/grippe-aviaire-337-communes-concernees-par-l-abattage-preventif-des-palmipedes_5069350_3244.html

(3)http://www.val-doise.gouv.fr/Media/Files/Communique-de-presse-2016/CP-Presence-d-un-foyer-d-influenza-aviaire-faiblement-pathogene-H5N2-sur-la-commune-d-Arthies

(4)http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1571IN

https://www.cdc.gov/flu/about/viruses/

https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/grippe

http://www.ambafrance-in.org/Grippe-saisonniere-et-grippe-aviaire

http://www.who.int/mediacentre/factsheets/avian_influenza/fr/