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Les conditions de vie des animaux de laboratoire

Vous trouverez ci-dessous des informations sur la vie des animaux de laboratoire.

Les animaux de laboratoire sont élevés dans des élevages spécialisés agréés. Ensuite ils sont transportés vers les établissements de recherche. De nombreuses souches de souris sont aussi élevées par les laboratoires.

 

L’élevage des animaux de laboratoire répond aux besoins précis de la recherche. Les animaux doivent être en bonne santé et exempts de contamination même inapparente ce qui impose l’isolement des unités d’élevage. L’éleveur doit aussi garantir la qualité génétique de ses animaux par le suivi des filiations et par des contrôles génétiques. Les caractéristiques physiques des animaux (poids, croissance, fécondité) doivent être homogènes et stables. Leur comportement doit être satisfaisant ce qui impose un hébergement confortable et un élevage en groupes.

 

Certains animaux ne peuvent pas provenir d’élevage. C’est le cas par exemple du renard quand il est utilisé pour l’étude de la rage, des animaux domestiques errants ou des rats d'égout pour connaître les maladies qu'ils peuvent véhiculer. Pour ces animaux, la collecte se fait en accord avec la réglementation qui les concerne.

 

Le transport des animaux des élevages vers les établissements de recherche s’effectue selon le mode le plus adapté : route, mer ou air. Il s'effectue dans le respect des réglementations (contrôles sanitaires, règles de transport, protection des animaux, douane). Le transport impose aux animaux une modification de l’environnement, du groupe et de l’alimentation. Pour leur bien il doit toujours être réalisé dans les meilleures conditions et le plus rapidement possible.

 

A l’arrivée dans le laboratoire, les animaux sont hébergés au calme et surveillés pendant une période d’acclimatation. Celle-ci leur permet de récupérer du stress lié au transport et de s’adapter aux nouvelles conditions de vie. Ce n’est qu’à l’issue de cette période qu’ils pourront être inclus dans une étude.

 

Les conditions d’hébergement des animaux dans les élevages et dans les établissements de recherche sont fixées par la réglementation pour toutes les espèces (pages 276/54 à 276/71).

 

La construction des bâtiments est précisèment encadrée. Les types et le nombre de locaux, ainsi que la qualité des matériaux sont imposés. La qualité et le taux de renouvellement de l’air ambiant doivent être contrôlés. Le niveau et la durée de l’éclairage sont imposés. 

 

Une stratégie de surveillance sanitaire doit être définie par les établissements pour garantir la bonne santé des animaux.

 

L'hébergement se fait obligatoirement en groupe (sauf si les animaux concernés sont naturellement solitaires) dans un volume dont les dimensions minimales sont fixées en fonction des espèces et des poids. Ce volume est aménagé pour donner aux animaux des possibilités de contrôler leur environnement. Bien entendu l’eau et la nourriture sont mises à disposition en qualité et en quantité satisfaisantes.

 

Les dimensions des compartiments d’hébergement sont fixées par la directive 2010/63 et seront exigibles dans toute l’Union Européenne à partir du 1er janvier 2017. Ce délai permet aux établissements de faire les travaux parfois importants pour adopter les nouvelles dimensions.

Selon ces normes une souris doit par exemple être hébergée sur une surface d’au moins 330CM², un furet sur une surface d’au moins 0,45M², un lapin de 3 à 5KG sur une surface d’au moins 0,42M², un chien de moins de 20KG sur une surface d’au moins 4M², un porc de 60KG sur une surface d’au moins 3M², un bovin de 500KG sur une surface d’au moins 9M² et un macaque doit disposer au moins de 3,6M3. Des dimensions spécifiques sont aussi imposées pour les animaux en reproduction.

Depuis plusieurs années ces nouvelles normes sont appliquées par les établissements à l’occasion de la mise à niveau ou de la création d'unités animales. On considère que tous les établissements français les auront appliquées bien avant 2017.

 

Le guide de l'évaluation éthique des études sur animaux examine toutes les étapes de l'étude qui concernent les animaux. Pour plus de détails vous pouvez vous y reporter.

 

Dans le déroulement d’une étude, on administre souvent aux animaux un produit dont on souhaite connaître les effets. On en connaît déjà les caractéristiques physico-chimiques ainsi que l’activité sur des extraits biologiques et des cellules (études in vitro), ce qui permet d’éviter d’administrer aux animaux des substances non biocompatibles. Le produit peut être administré par voie orale (gavage à l’aide d’une sonde ou d’une gélule) ou injectable. Le choix de la dose se fait en fonction de ce qu'on sait déjà du produit. La durée de l'étude dépend de l’effet étudié.

 

Les principaux examens effectués sont l’examen clinique (aspect, attitude, comportement, électrocardiogramme, ophtalmologie), la pesée, la prise de nourriture, les examens sanguins et urinaires. Les quantités de sang qui peuvent être prélevées font l’objet de recommandations. Il faut en effet éviter de prélever des volumes trop importants chez des animaux qui pèsent parfois seulement 20 grammes comme dans le cas des souris.

 

Les examens spécialisés (radiographie, scanner, IRM) peuvent nécessiter une anesthésie. Celle-ci est réalisée en conformité avec les pratiques vétérinaires et par des personnes formées.

 

Des études successives peuvent être réalisées sur les mêmes animaux dans le cas où les conditions de l’étude le permettent (conséquences nulles ou très faibles pour le bien-être de l’animal, durée courte, produit non rémanent). Cette réutilisation permet d'obtenir des données plus fiables et de limiter le nombre d’animaux utilisés. Elle est souvent pratiquée pour les études de pharmacocinétique (dosage du produit dans le sang) ou de télémétrie (mesure à distance).

 

Des interventions chirurgicales sont réalisées par exemple quand il est nécessaire de poser des cathéters ou des appareillages miniaturisés (capteurs et émetteurs). Ces interventions sont réalisées par du personnel formé à la chirurgie et à l’anesthésie et à l’aide de moyens adaptés au type d’intervention. Une analgésie post-opératoire est mise en place à chaque fois que c'est nécessaire.

 

L’euthanasie termine en général les études ce qui rend possible cetains examens importants comme les examens au microscope ou les études de pharmacogénomique ou de toxicogénomique. Le choix de la méthode d’euthanasie dépend de l’espèce animale et doit respecter l’annexe IV de la directive 2010/63. Les cadavres sont éliminés en accord avec la réglementation nationale et en tenant compte des installations disponibles à proximité de l’établissement. Cela se fait en général par incinération.

 

La remise en liberté d’animaux est prévue par la réglementation. Elle doit être autorisée par le préfet. Dans le cas d’animaux domestiques il ne peut s’agir que d’adoption. C’est un processus qui demande des précautions vis à vis de la santé publique, de l’environnement et du suivi des animaux adoptés. Certaines associations se sont donné la mission de faciliter ces adoptions.